Prochain Atelier du Club

La prochaine séance du Club sera consacrée aux technologies d’IA (Intelligence artificielle), qui s’immiscent progressivement aux achats pour augmenter la performance des équipes et optimiser les résultats.

La création de valeur par les achats était le fil conducteur d’une table ronde récemment organisée par Acxias en partenariat avec Grenoble École de Management. L’occasion de rappeler qu’au-delà de la réduction des coûts, la collaboration avec toutes les parties prenantes du processus constitue un levier essentiel.

S-Noel M-Sauvage T-BOURANY
Sylvie Noël,
directrice des achats de COVEA
et présidente de l'ADRA

(Association des Directeurs
et Responsables Achats)
Marc Sauvage,
directeur des achats et des services juridiques
de la Région Centre et président de la CDAF

(Compagnie des Dirigeants et Acheteurs de France) 
Thièry Bourany,
directeur des achats de Nexans France.

Les achats, créateurs de valeur : éternel débat ! C’était justement le thème de celui qui s‘est tenu jeudi 26 février, conjointement au lancement de la « smartapp » Quiz achats, devant la petite centaine de professionnels des achats qui avaient répondu à l’invitation d’Acxias et Grenoble École de Management. Dès son introduction, Bertrand Gabriel, directeur général du cabinet de conseil, a suggéré de dépasser la seule dimension financière, par la réduction des coûts, pour développer d’autres relais de création de valeur par les achats. « Il faut passer d’achats low-cost à des achats high-value », a embrayé Hugues Poissonnier, directeur de recherche de l’Irima (Institut de recherche et d’innovation en management des achats) et professeur à Grenoble École de Management.

Seulement, dans cette approche de la performance « par le haut », de quelles valeurs parle-t-on ? Plutôt que de répondre à cette question, les trois responsables achats invités à débattre, représentant respectivement les services (Covéa), l’industrie (Nexans) et le secteur public (Région Centre-Val de Loire), ont préféré définir les principales composantes entrant en ligne de compte. « Les ressources humaines, aux achats et au-delà, les process, optimisés grâce aux outils, ou la gestion du risque fournisseurs sont des notions fondamentales pour générer de la valeur ajoutée », a ainsi listé Sylvie Noël, directrice des achats du groupe mutualiste (GMF, Maaf, MMA) et présidente de l’Adra (Association des directeurs et responsables achats). Sans oublier l’innovation, a aussitôt complété Thièry Bourany, directeur des achats de Nexans France, également en charge de la transformation du processus métier au niveau du groupe.

Flirtant toujours avec la problématique de la performance financière, « rarement visible dans le compte de résultats » de l’avis de tous, le débat a rapidement pointé l’importance de la collaboration achats. Au sein de la fonction, mais surtout avec les fournisseurs et les prescripteurs, voire avec les clients de l’entreprise. Et en étant le plus proactif possible. « Cela suppose de développer les compétences des acheteurs, qui doivent pouvoir aborder des problématiques comme la propriété intellectuelle, le développement durable, le reverse factoring, etc. », a insisté Marc Sauvage, directeur des achats et des services juridiques de la région Centre-Val de Loire et président de la CDAF (Compagnie des dirigeants et acheteurs de France). La reconnaissance des achats comme créateurs de valeur passerait aussi par un renforcement du poids et de la légitimité de la fonction. Comment ? « En travaillant plus en amont, sur la stratégie, les budgets, les besoins, etc. », selon Sylvie Noël. Ou « en réussissant quelques projets marquants, et en communiquant sur les gains obtenus », a ajouté Thièry Bourany.

Seulement, ont convenu les trois intervenants, la valeur générée par les achats reste difficile à mesurer. « Pas d’accord ! », a réagi, depuis la salle, Olaf de Hemmer Gudme, président de l’Afav, Association française pour l’analyse de la valeur. « Il suffit de se mettre d’accord en amont, avec les clients internes, sur ce que l’on souhaite obtenir », a-t-il martelé, évoquant la notion d’ « utilité ». Et d’expliquer : « Une machine que l’on achète ne sert pas à être moins chère, mais à fabriquer les meilleurs produits et à mieux les vendre ». Ce qui nécessite de mettre en place des indicateurs précis, avec l’appui de la direction générale, et de se doter d’outils informatiques permettant de piloter l’ensemble. Au final, la mesure de la contribution des achats à la performance de l’entreprise, au niveau du compte de résultats mais aussi des aspects extra-financiers, est un débat sans fin. Avec de multiples tiroirs. Bertrand Gabriel et Hugues Poissonnier l’ont d’ailleurs bien compris, saisissant la balle au bond pour imaginer les thématiques des prochaines tables rondes.